{"id":17720,"date":"2015-12-02T00:04:36","date_gmt":"2015-12-01T23:04:36","guid":{"rendered":"http:\/\/wikicollection.fr\/?p=17720"},"modified":"2016-06-04T10:38:31","modified_gmt":"2016-06-04T09:38:31","slug":"cartes-a-jouer-inscrites-duplessis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wikicollection.fr\/?p=17720","title":{"rendered":"Cartes \u00e0 jouer inscrites &#8211; La monnaie de carte (Canada) &#8211; Duplessis"},"content":{"rendered":"<a class=\"macoll bleu\" href=\"?page_id=10005\"><img src=http:\/\/www.wikicollection.fr\/wp-includes\/images\/ajout.jpg>Suivre cette page<\/a><br><br>\n<div id=\"dc_vk_code\" style=\"display: none;\"><\/div>\n<p>La <b>monnaie de carte<\/b> est une monnaie de n\u00e9cessit\u00e9 apparue d&rsquo;abord au Canada (Nouvelle-France) et devenue moyen de paiement par cours forc\u00e9 sous le r\u00e8gne de Louis XIV en 1685. Cet instrument financier consisterait en la premi\u00e8re tentative de monnaie fiduciaire fran\u00e7aise et nord-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-18575 size-full\" src=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/map.jpg\" alt=\"map\" width=\"697\" height=\"676\" srcset=\"https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/map.jpg 697w, https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/map-300x291.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 697px) 100vw, 697px\" \/><br \/>\n<em>Monnaie de carte &#8211; Cr\u00e9dit: Library and Archives Canada<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span id=\"Origines_de_la_monnaie_de_carte\" class=\"mw-headline\">Origines de la monnaie de carte<\/span><\/strong><\/p>\n<p>En Nouvelle-France, \u00e0 la fin du <span class=\"romain\">XVII<\/span><sup>e<\/sup>, la raret\u00e9 des pi\u00e8ces de monnaie est criante au Canada, surtout l&rsquo;hiver, puisque les navires ne peuvent circuler sur le fleuve Saint-Laurent en raison de l&rsquo;\u00e9paisseur de la glace, emp\u00eachant la livraison des marchandises.<\/p>\n<p>Le 16 f\u00e9vrier 1670, des pi\u00e8ces de monnaie en argent (15 et 5 sols) et en cuivre (double tournois) pour un montant total de <span class=\"nowrap\">100\u00a0000<\/span> livres, <span class=\"citation\">\u00ab\u00a0sont frapp\u00e9es \u00e0 Paris et envoy\u00e9es \u00e0 la condition expresse que celles-ci soient diffus\u00e9es dans la m\u00e8re patrie. Malgr\u00e9 cette interdiction, notons que ces pi\u00e8ces furent utilis\u00e9es pour envoi de fonds. Ainsi il y avait peu ou pas de pi\u00e8ces de monnaie [sp\u00e9cifiques au] pays avec lequel on commerce\u00a0\u00bb<\/span>.<\/p>\n<p>En 1674, le Roi donne l&rsquo;ordre qu&rsquo;en ses colonies tous les comptes, achats et paiements divers devaient \u00eatre sold\u00e9s en argent sonnant. Pour comble, en 1684, il envoie des soldats au pays, ordonne de les faire vivre mais oublie leur paie. Jacques de Meulles, intendant de la justice, police et finances <i>en Canada, Acadie, Isle de Terre Neuve et autres pays de la France septentrionale<\/i>, n&rsquo;a de fonds pour payer ni les fonctionnaires coloniaux ni les troupes. En juin 1685, il \u00e9met donc des notes de cr\u00e9dit d&rsquo;un nouveau genre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 cette \u00e9poque, il n&rsquo;y avait pas encore d&rsquo;imprimerie dans la colonie, et d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, comme peu d&rsquo;habitants savaient \u00e9crire, le papier n&rsquo;\u00e9tait pas en abondance. Mais pendant les longues soir\u00e9es d&rsquo;hiver, les jeux de cartes \u00e9taient l&rsquo;amusement favori de la population, et par cons\u00e9quent, il s&rsquo;en trouvait un d\u00e9p\u00f4t assez consid\u00e9rable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le bon papier \u00e9tant rare, il r\u00e9quisitionne les cartes \u00e0 jouer dans la colonie et, apposant son sceau et sa signature, les \u00e9met en diff\u00e9rentes coupures en tant que valant pour monnaie ou esp\u00e8ces. Par ordonnance, ces cartes sont reconnues l\u00e9gales et les marchands sont somm\u00e9s de les accepter<sup id=\"cite_ref-5\" class=\"reference\"><\/sup>. Il \u00e9crivit de Qu\u00e9bec, le <time class=\"nowrap date-lien\" datetime=\"1685-09-24\">24 septembre 1685<\/time>, au ministre secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat au d\u00e9partement de la Marine\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab\u00a0Je me suis trouv\u00e9 cette ann\u00e9e dans une tr\u00e8s grande n\u00e9cessit\u00e9 touchant la subsistance des soldats\u00a0; vous n&rsquo;aviez ordonn\u00e9 de fonds, Monseigneur, que jusques en Janvier dernier, je n&rsquo;ay pas laiss\u00e9 de les faire vivre jusques en septembre qui font huit mois entiers. J&rsquo;ay tir\u00e9 de mon coffre et de mes amis tout ce que j&rsquo;ay p\u00fb, mais enfin les voyant hors d&rsquo;estat de me pouvoir rendre service davantage, et ne s\u00e7achant plus \u00e0 quel saint me vouer, l&rsquo;argent estant dans une extr\u00eame raret\u00e9, ayant distribu\u00e9 des sommes consid\u00e9rables de tous costez pour la solde des soldats, je me suis imagin\u00e9 de donner cours au lieu d&rsquo;argent \u00e0 des billets de cartes que j&rsquo;avais fait couper en quatre\u00a0; je vous envoye Monseigneur, des trois esp\u00e8ces, l&rsquo;une estant de quatre francs, l&rsquo;autre de quarante sols et la troisi\u00e8me de quinze sols, parce qu&rsquo;avec ces trois esp\u00e8ces je pouvais faire leur solde juste d&rsquo;un mois, j&rsquo;ay rendu une ordonnance par laquelle j&rsquo;ay oblig\u00e9 tous les habitants de recevoir cette monoye en payement et luy donner cours, en m&rsquo;obligeant en mon nom de rembourser les dits billets, personne ne les a refus\u00e9s et cela a fait un si bon effet que par ce moyen les trouppes ont vescu \u00e0 l&rsquo;ordinaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi est apparue la \u00ab\u00a0monnaie de carte\u00a0\u00bb, cinq ans avant l&rsquo;\u00e9mission de papier-monnaie au Massachusetts.<\/p>\n<p>L&rsquo;historien William John Eccles \u00e9crit que <span class=\"citation\">\u00ab\u00a0c\u2019est \u00e0 lui [De Meulles] que revient le m\u00e9rite d\u2019avoir imagin\u00e9 un syst\u00e8me plein d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9\u00a0: la mise en circulation de la monnaie de carte, la premi\u00e8re monnaie de papier en Am\u00e9rique du Nord\u00a0\u00bb<\/span><sup id=\"cite_ref-6\" class=\"reference\"><\/sup>.<\/p>\n<p><strong>Fonctionnement<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"citation\">\u00ab\u00a0De Meulles utilisera des cartes \u00e0 jouer ordinaires, soit enti\u00e8res, ou le coup\u00e9es en deux ou en quatre, avec le mot \u00abbon\u00bb ins\u00e9r\u00e9 sur chacune, pour une certaine somme, sign\u00e9 et scell\u00e9 dans la cire de sa propre main et contresign\u00e9 par l\u2019intendant au moment de leur \u00e9mission\u00a0\u00bb<\/span><sup id=\"cite_ref-Atherton_p.276_7-0\" class=\"reference\"><\/sup>.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re \u00e9valuation \u00e9tait par exemple de 4 livres pour une carte enti\u00e8re\u00a0; une demi carte valait 2 livres, et le quart de carte, quinze sous.<\/p>\n<p><span class=\"citation\">\u00ab\u00a0George Heriot, ma\u00eetre g\u00e9n\u00e9ral des postes de l&rsquo;Am\u00e9rique britannique, dans ses <i>Voyages au Canada en 1805<\/i>, cit\u00e9 par Alfred Sandham dans son ouvrage, <i>The Coins, Medals and Tokens of the Dominion of Canada<\/i> (Montreal, 1869), dit que chaque carte portait l&#8217;empreinte des armes de France (sur de la cire), sa valeur nominale et les signatures du tr\u00e9sorier, du gouverneur-g\u00e9n\u00e9ral et de l&rsquo;intendant. Il semble difficile d&rsquo;admettre qu&rsquo;autant d&rsquo;inscriptions aient pu figurer sur une surface aussi restreinte que pr\u00e9sente le quart d&rsquo;une carte \u00e0 jouer, et l&rsquo;\u00e9minent historien am\u00e9ricain, Francis Parkman, dans <i>The Old Regime in Canada<\/i>, en se r\u00e9f\u00e9rant, pour la description de ces cartes \u00e0 un M\u00e9moire adress\u00e9 au R\u00e9gent en 1715, n&rsquo;a pas remarqu\u00e9 que l&rsquo;auteur indique d&rsquo;autres valeurs que celles de l&rsquo;\u00e9mission primitive et parait viser une \u00e9mission ult\u00e9rieure. Il y a tout lieu de croire que les cartes de de Meulles ne portaient que l&#8217;empreinte dans la cire \u00e0 cacheter d&rsquo;une fleur de lis couronn\u00e9e, leur valeur et les signatures du commis du tr\u00e9sorier et de l&rsquo;intendant\u00a0\u00bb<\/span><sup id=\"cite_ref-8\" class=\"reference\"><\/sup>.<\/p>\n<p>On l&rsquo;\u00e9changeait pour des esp\u00e8ces sonnantes d\u00e8s qu&rsquo;on pouvait s&rsquo;en procurer, puis l&rsquo;on d\u00e9truisait par le feu la carte ainsi annul\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span id=\"Les_diff.C3.A9rentes_monnaies_de_carte\" class=\"mw-headline\">Les diff\u00e9rentes monnaies de carte<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s cette premi\u00e8re exp\u00e9rience, on \u00e9met de nouvelles cartes en octobre 1711. La premi\u00e8re s\u00e9rie est retir\u00e9e de la circulation et il n\u2019en subsiste apparemment plus car \u00ab d&rsquo;autres \u00e9missions suivirent en 1714 et 1717, mais avec cette derni\u00e8re, on ordonna le retrait total des vieilles cartes \u00bb.<\/p>\n<p>Selon P. N. Breton, \u00ab on ne trouve une premi\u00e8re description des cartes que dans la d\u00e9lib\u00e9ration prise le 1er octobre 1711 par MM. de Vaudreuil, gouverneur ; Raudot, intendant ; et de Monseignat, contr\u00f4leur de la marine ; mais au sujet seulement de la fabrication de 3 000 cartes de 100 livres et de 3 000 cartes de 50 livres : l&rsquo;\u00e9criture des cartes de 100 livres en travers, sur des cartes noires (c&rsquo;est-\u00e0-dire des cartes aux figures noires). Et l&rsquo;\u00e9criture des cartes de 50 livres de haut en bas, sur des cartes rouges enti\u00e8res (c&rsquo;est-\u00e0-dire aux figures rouges). \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-18558 size-full\" src=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/duplessis.jpg\" alt=\"duplessis\" width=\"392\" height=\"259\" srcset=\"https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/duplessis.jpg 392w, https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/duplessis-300x198.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 392px) 100vw, 392px\" \/><br \/>\n<em>Monnaies de carte de\u00a0 1714 n&rsquo;utilisant que le carton blanc portant sceau et signatures, sans illustration.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette monnaie fut tr\u00e8s populaire au pays jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9claration du roi du 5 juillet 1717 \u00ab ordonnant que la monnaie de carte n&rsquo;aura plus cours au Canada, sinon pour la moiti\u00e9 des valeurs \u00e9crites sur les cartes. La d\u00e9claration supprime en outre la monnaie du pays et instaure la monnaie de France \u00bb. La monnaie de carte s&rsquo;\u00e9tait entre temps d\u00e9valu\u00e9e, du fait de la surabondance d&rsquo;\u00e9mission. Cependant, les cartes rest\u00e8rent en circulation face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9, jusqu&rsquo;en 1719. \u00ab En 1720, toutes ces cartes avaient \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9es par le gouvernement \u00bb. En effet, \u00ab la monnaie de carte n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par aucun autre moyen d\u2019\u00e9change, cette r\u00e9forme mon\u00e9taire d\u00e9clencha une r\u00e9cession. On tenta de rem\u00e9dier \u00e0 la situation par la mise en circulation de pi\u00e8ces de monnaie de cuivre10 en 1722, mais celles-ci ne furent pas bien accueillies par les commer\u00e7ants. Des particuliers ont \u00e9galement \u00e9mis des billets sur la base de leur propre solvabilit\u00e9 en guise de mode de paiement, une pratique qui existait avant le retrait de la monnaie de carte et qui fut utilis\u00e9e de fa\u00e7on p\u00e9riodique pendant le restant du XVIIIe si\u00e8cle et une bonne partie du XIXe si\u00e8cle&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>Le 2 mars 1729, une nouvelle ordonnance autorise la fabrication d&rsquo;un montant total de 400 000 livres en cartes de 24 livres, 12 livres, 6 livres, 1 livre, 20 sols, 15 sols, et 7 sols, 6 deniers. \u00c0 la diff\u00e9rence des cartes \u00e0 jouer mises en circulation de 1685 \u00e0 1714, celles de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode sont imprim\u00e9es sur un simple carton blanc, donc sans illustration, et leurs dimensions varient selon leur valeur nominale. On a donc bien affaire \u00e0 une forme de monnaie fiduciaire, qui h\u00e9rite sans doute de l&rsquo;exp\u00e9rience, pourtant d\u00e9sastreuse, de la Banque g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-18559 size-full\" src=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/1729.jpg\" alt=\"1729\" width=\"402\" height=\"283\" srcset=\"https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/1729.jpg 402w, https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/1729-300x211.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 402px) 100vw, 402px\" \/><\/p>\n<p><em>Monnaies de carte de 1729 n&rsquo;utilisant que le carton blanc portant sceau et signatures, sans illustration, et dont on coupait parfois les coins.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab Ce syst\u00e8me se poursuivit jusqu&rsquo;au temps de l&rsquo;intendant Bigot et de la chute de la Nouvelle-France. L&rsquo;inventaire de Jacques Le Ber de Montr\u00e9al, dat\u00e9 du 7 juin 1735, comprend 84 livres huit sols et trois deniers en pi\u00e8ces de monnaie, et une valeur de 2 833 livres en cartes, t\u00e9moignant de de la pr\u00e9dominance de la monnaie de carte \u00bb.<br \/>\n<strong>Contrefa\u00e7ons et sanctions<\/strong><br \/>\nSelon Powell, les cartes ont \u00e9t\u00e9 contrefaites presque imm\u00e9diatement. Suite \u00e0 l\u2019ordonnance \u00e9mise par De Meulles annon\u00e7ant le rachat de la monnaie de carte, le 5 septembre 1685, la contrefa\u00e7on fit l\u2019objet de sanctions s\u00e9v\u00e8res. Les archives canadiennes conservent la trace de nombreuses affaires.<br \/>\nSigler rapporte que <span class=\"citation\">\u00ab\u00a0certaines contrefa\u00e7ons de monnaie de carte firent leur apparition alors que beaucoup diff\u00e9rente tant de d\u00e9nominations et d\u2019\u00e9missions furent mises en circulation d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e\u00a0; tant de cartes \u00e9taient us\u00e9es et mutil\u00e9es que m\u00eame des faussaires sans talent furent tent\u00e9s de les copier. Au d\u00e9but, cette menace inqui\u00e9ta tr\u00e8s peu les autorit\u00e9s locales peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat parce que, comme on l&rsquo;a soulign\u00e9, la plupart des indig\u00e8nes n\u2019\u00e9taient pas assez fut\u00e9s pour \u00eatre de bons faussaires et toute tentative de contrefa\u00e7on de cartes fut rapidement d\u00e9tect\u00e9e et les d\u00e9linquants traduits en justice. La facilit\u00e9 avec laquelle cet argent pouvait \u00eatre imit\u00e9 fut l&rsquo;une des principales objections du roi, et d\u00e8s le 5 septembre 1685, les autorit\u00e9s locales admettaient que quelques-unes de ces cartes avaient \u00e9t\u00e9 contrefaites.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le 7 mars 1690, un chirurgien subit un ch\u00e2timent et se retrouve en prison\u00a0:<br \/>\n\u00ab\u00a0Pierre Malidor d\u00fbment atteint et convaincu d&rsquo;avoir falsifi\u00e9 onze cartes de quatre livres pi\u00e8ce, en contrefaisant l&rsquo;\u00e9criture et signature du sieur de Verneuil tr\u00e9sorier de la marine, ensemble la signature du sieur Duplessis, et les cachets de Monsieur le gouverneur et de Monsieur l&rsquo;intendant, et ensuite d&rsquo;avoir fait passer lesdites fausses cartes, en commerce, et re\u00e7u la valeur en argent, au lieu de celles qui ont cours pour argent monnay\u00e9. Et pour r\u00e9paration condamne ledit Malidor, d&rsquo;\u00eatre battu et fustig\u00e9, nu, de verges, sur les \u00e9paules, par l&rsquo;ex\u00e9cuteur de la haute justice, \u00e0 la porte de ce palais, de celle de la paroisse Notre-Dame de cette ville, et des carrefours et lieux accoutum\u00e9s, en chacun desquels il recevra six coups de fouet; et en outre \u00e0 restituer le prix desdites cartes par lui contrefaites et en dix livres d&rsquo;amende envers sa Majest\u00e9 condamne aussi ledit Malidor \u00e0 servir par force pendant trois ans; l&rsquo;engagement duquel ne pourra \u00eatre fait a personne, que pour s&rsquo;en servir a plus de soixante lieues de cette ville. D\u00e9fenses \u00e0 lui de r\u00e9cidiver, ni d&rsquo;y revenir pendant ledit temps, \u00e0 peine de la hart<sup id=\"cite_ref-17\" class=\"reference\"><\/sup>, ordonne qu&rsquo;il gardera prison jusqu&rsquo;\u00e0 ce que celui qui le voudra prendre pour s&rsquo;en servir, ait fait les soumissions, que lesdites fausses cartes, seront br\u00fbl\u00e9es par ledit ex\u00e9cuteur, \u00e0 la place royal de la basse-ville, \u00e0 la r\u00e9serve de deux, qui seront paraph\u00e9es par ledit lieutenant g\u00e9n\u00e9ral, et gard\u00e9es au greffe, pour y avoir recours si besoin est.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u2014\u00a0Fonds Conseil souverain, Jugements et d\u00e9lib\u00e9rations, <cite><time class=\"nowrap date-lien\" datetime=\"1690-03-07\">7 mars 1690<\/time><\/cite><\/p>\n<p>Par la suite, les responsables locaux demand\u00e8rent cl\u00e9mence pour John la Haye, un Irlandais, et un certain John Joublin, un Anglais, parce que leurs contrefa\u00e7ons \u00e9taient bien malhabiles et donc ais\u00e9ment d\u00e9tectables.<\/p>\n<p>En revanche, Louis Mallet et sa femme, Marie Moore, furent, eux, condamn\u00e9s \u00e0 la pendaison \u00e0 Qu\u00e9bec, le 2 septembre 1736, pour avoir contrefait de la monnaie de carte.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude des d\u00e9lits reli\u00e9s \u00e0 la contrefa\u00e7on de cartes nous donne des statistiques et relate le cas d&rsquo;un soldat faussaire\u00a0: <span class=\"citation\">\u00ab\u00a0Cette monnaie de papier est facile \u00e0 contrefaire, d&rsquo;o\u00f9 les plaintes pour fabrication, exposition et distribution de fausses cartes en Canada entre 1712 et 1748. En tout, 38 individus, soit 59\u00a0%, des 64 personnes accus\u00e9es de crime contre l\u2019\u00c9tat, sont traduits devant les tribunaux royaux du Canada pour ce d\u00e9lit. Ce sont surtout des soldats (20 des 32 accus\u00e9s de faux-monnayage dont on conna\u00eet la r\u00e9partition professionnelle) qui, avec l&rsquo;aide d&rsquo;autres militaires, fabriquent de fausses cartes ou falsifient des ordonnances de paiement ou des certificats, augmentant, par exemple, une ordonnance de 6 \u00e0 60 livres ou un certificat de 5 \u00e0 50 livres. Avec ces faux, ils bernent facilement les habitants qui se laissent impressionner par ces faussaires, souvent nouvellement arriv\u00e9s de France, beaux parleurs et plus instruits qu&rsquo;eux. Il est d&rsquo;autant plus facile de passer cette fausse monnaie aux habitants du pays que plusieurs parmi eux, sp\u00e9cialement dans les c\u00f4tes, ne savent ni lire ni \u00e9crire.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p>Un autre, encore\u00a0: Nicolas Payet dit Jolibois, soldat de la compagnie du Sieur de Lacorne, \u00e2g\u00e9 de 29 ans, originaire de Paris, est trouv\u00e9 coupable d&rsquo;avoir fabriqu\u00e9 de fausses cartes et condamn\u00e9 \u00e0 avoir le poing coup\u00e9 puis \u00e0 \u00eatre pendu\u00a0; il r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader des prisons de Qu\u00e9bec avant son ex\u00e9cution.<br \/>\n<strong>Cotation indicative :<\/strong> 100\u20ac<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-17706 size-full\" src=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer24.jpg\" alt=\"jouer24\" width=\"275\" height=\"406\" srcset=\"https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer24.jpg 275w, https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer24-203x300.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 275px) 100vw, 275px\" \/><a href=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer33.jpg\" data-rel=\"lightbox-image-0\" data-magnific_type=\"image\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-17715 size-full\" src=\"http:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer33.jpg\" alt=\"jouer33\" width=\"269\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer33.jpg 269w, https:\/\/wikicollection.fr\/wp-content\/uploads\/jouer33-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 269px) 100vw, 269px\" \/><br \/>\n<\/a><em>Aucune carte des ann\u00e9es 1685-1714 n&rsquo;est pour l&rsquo;heure parvenue jusqu&rsquo;\u00e0 nous selon wikipedia! En voil\u00e0 une pourtant.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La monnaie de carte est une monnaie de n\u00e9cessit\u00e9 apparue d&rsquo;abord au Canada (Nouvelle-France) et devenue moyen de paiement par<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12190,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[17,60],"tags":[],"class_list":["post-17720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cartes-a-jouer-inscrites","category-vieux-papiers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17720"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17720\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wikicollection.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}